Négocier et contracter, si possible !
Salaires en officine : le blocage
Nous avons longuement évoqué la situation déplorable de la négociation paritaire en pharmacie d’officine. Il nous faut malheureusement y revenir.
Pour mémoire, quelques rappels :
Dernière augmentation de salaire : + 1,20% au 01/01/2009 (au titre d’un rattrapage pour 2008),
Trois négociations vaines en 2009 : 1er avril, 13 mai et 2 juillet,
Deux échecs en 2010 : + 0,5% proposés le 13 janvier et + 0,8% le 17 mars, refusés unanimement par les syndicats de salariés,
Nous nous retrouvions donc le 19 mai dernier pour une sixième tentative de négociations de salaires.
Face à la proposition patronale de 1% d’augmentation, alors que l’inflation est de 1,69% sur les douze derniers mois, il est rapidement apparu que personne ne pouvait accepter d’en rester là.
La CGT a proposé de quitter la commission paritaire, ce qui n’est ni habituel ni souhaitable sur le principe. Les trois autres organisations syndicales ont accepté. Restait la position de FO : fallait-il faire cavalier seul et signer un accord a minima ?
Il nous est apparu que nous n’avions d’autre choix que de faire pression sur les chambres patronales après plus d’un an d’échecs répétés.
Force Ouvrière n’a jamais été favorable ni à la politique de la chaise vide ni à l’agressivité qui sont incompatibles avec nos principes fondamentaux : dialoguer, négocier et contracter, si possible. Pour autant, face à une situation bloquée, chacun doit prendre ses responsabilités et choisir la stratégie qui s’impose …
Nous ne contestons pas un contexte économique difficile mais l’utilisation qui en est faite par nos interlocuteurs.
Les salariés de l’officine sont eux aussi impactés par la crise et voient leur pouvoir d’achat décroître alors qu’ils sont déjà étranglés par une grille de salaires minima notoirement indécente. Et pourtant, ces collaborateurs ne déméritent pas : ils supportent la dégradation des conditions de travail et font parfois les frais de mesures drastiques de licenciement.
A l’heure où les pharmaciens titulaires revendiquent d’être rémunérés pour les nouvelles missions qui vont leur être confiées, leurs collaborateurs qui en font autant sont renvoyés dans les cordes avec des miettes.
A l’évidence, cette surdité patronale durait depuis trop longtemps pour que l’on ne s’associe pas avec les quatre autres organisations syndicales de salariés pour quitter la table des négociations. Nous espérons donc que cette confrontation saura débloquer la négociation salariale.
Une prochaine commission paritaire mixte devrait être convoquée par l’Inspecteur du Travail qui la préside avant la mi-juin, soit environ au moment où nous bouclons le journal que vous tenez dans les mains…
Je profite de l’occasion pour rappeler que vous avez la possibilité d’être informés plus rapidement qu’avec les journaux et circulaires par le biais du site internet, du blog ou de notre page Facebook où nous mettons en ligne des informations générales ou réservées aux adhérents. Nouvelles méthodes et principes fondamentaux ne sont pas incompatibles…
Olivier CLARHAUT,
Secrétaire Général
Publié par fopharma5962