Négociations salariales 2010 en Officine

18 janvier 2010

La Fédération nationale Force Ouvrière de la Pharmacie dénonce l’attitude des trois chambres patronales de la Pharmacie d’Officine qui se sont livrées, le 13 janvier 2010, à un simulacre de négociation salariale.

L’année 2009 avait déjà vu les représentants des employeurs ne proposer aucune augmentation de salaires, la dernière étant intervenue le 1er janvier 2009, au titre d’un rattrapage de l’année 2008.

Une fois encore, alors que la crise frappe durement les salariés de l’officine, notamment par de nombreux licenciements, les représentants des pharmaciens titulaires choisissent d’ignorer les revendications légitimes des organisations représentatives des salariés.

Deux données chiffrées illustrent la grille de salaires notoirement indigente en officine :
1) 1 414 € bruts pour un préparateur débutant (soit le SMIC + 70 €)
2) 2 459 € bruts pour un pharmacien adjoint débutant (bac + 7 !).

Sans vouloir occulter les difficultés économiques de l’officine, qui sont réelles, il reste une question fondamentale : Comment motiver les collaborateurs qualifiés des pharmaciens et attirer de futurs professionnels avec de tels niveaux de rémunération ?

La Fédération nationale Force Ouvrière de la Pharmacie invite les salariés de l’officine à se regrouper massivement au sein de l’organisation syndicale majoritaire dans la branche afin d’infléchir le rapport de force et d’obtenir enfin une rémunération conforme à leurs responsabilités.

Une négociation salariale ...


A propos de vaccination …

4 janvier 2010

Se faire vacciner, c’est important !
C’est un moyen de se protéger de certaines maladies graves…
Mais… avez-vous pensé au vaccin FOPharma ?
Le vaccin FOPharma vous protège de :
• de l’isolement professionnel
• de l’ignorance de vos droits
• de l’incapacité à les faire respecter
• des atteintes à votre dignité au travail
• des abus d’employeurs mal intentionnés
Un rappel annuel suffit…
En plus : le vaccin est remboursé à 66% par le Trésor Public !


Editorial n°243 (4ème trimestre 2009)

15 décembre 2009

Depuis de nombreux mois, l’actualité sociale est en première ligne pour les raisons que nous connaissons tous (trop) bien. Lorsque celle-ci franchit la frontière avec les faits divers, elle devient révélatrice d’un profond déséquilibre sociétal dont personne ne peut affirmer qu’il est à l’abri.

On a beaucoup entendu parler des 25 suicides en 18 mois touchant les salariés de France Télécom mais beaucoup moins de l’étude portant sur les suicides au travail, menée par la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), pour lesquels elle a reçu, de janvier 2008 à juin 2009, des demandes de reconnaissance comme accidents du travail. Selon cette étude, 28 demandes sur 72 ont donné lieu à une reconnaissance officielle.
Tout ceci met évidemment en pleine lumière les mutations profondes et délétères que subit le monde du travail depuis plusieurs années. Nous n’avons pas vocation à nous livrer ici à de fines analyses socio-économiques mais il est intéressant d’élargir notre vision des choses, notamment lorsque l’actualité nous donne les outils pour le faire.

Le reportage s’intitulant « La mise à mort du travail », diffusé fin octobre sur France3, est le fruit de trois années d’enquête et d’immersion dans quelques grandes entreprises. Il nous est confirmé que le « putsch » des marchés financiers sur les capitaux des entreprises a engendré de nouvelles organisations du travail. Pour répondre aux exigences boulimiques des actionnaires, les dirigeants n’ont d’autre marge de manœuvre que de pousser les salariés à leurs limites, voire au-delà. Ces trois films ont permis de suivre le destin d’employés, dirigeants et actionnaires. Entretiens de recrutement, séminaires de formatage psychologique, fête annuelle mais aussi licenciements, conseil des Prud’hommes et consultations dans un service de souffrance au travail… sont autant de moments forts qui exposent clairement les nouvelles organisations du travail, les relations de manipulation, les jeux de pouvoir, l’isolement et les souffrances psychologiques et même physiques qui en découlent.

Si l’augmentation des dividendes versés aux actionnaires résulte d’une pression croissante qui pèse sur les salariés, n’oublions pas que ce sont nos régimes de protection sociale qui financent la prise en charge des pathologies que provoquent ces nouveaux modes de gestion inhumaine des ressources humaines ! On peut donc considérer que le salaire différé des salariés finance en partie les profits des actionnaires : une véritable et indécente « double peine ».

Naturellement, le classique réflexe auto-protecteur de notre cerveau reptilien pousse la majorité d’entre nous à rentrer la tête dans les épaules et penser que « ça n’arrive qu’aux autres ». C’est probablement pour cela également que la syndicalisation n’est pas aussi importante que nous le souhaiterions : pour se syndiquer, il faut non seulement avoir une certaine idée de la solidarité (pour les puristes) mais aussi s’imaginer ayant besoin d’une aide en cas de problèmes… idée que l’on a tendance à vouloir fuir !

Pour autant, sans généralisation outrancière, nombreux sont les salariés de la Pharmacie à avoir fait l’expérience de cette souffrance au travail, à avoir pensé naturellement à venir nous demander conseil et à avoir rejoint logiquement notre syndicat. Humiliations, vexations, reproches constants, accusations calomnieuses, non respect de la Convention Collective, modifications répétées des horaires , harcèlement ou licenciements non fondés : tels sont quelques exemples que reconnaîtront certains d’entre vous qui ont été accueillis ces derniers mois lors de notre permanence hebdomadaire. En résumé : pousser à la démission ou à la faute pour licencier sans frais.

Etre contraint d’adopter une attitude servile, de remiser ses droits au placard ou d’abandonner sa dignité au travail sont autant de déviances intolérables : c’est revenir à Germinal, à une conception féodale du monde du travail.

Avoir face à soi une personne psychologiquement détruite par les comportements indignes d’employeurs qui confondent contrat de travail et servage, c’est percevoir concrètement, loin des théories absconses, le quotidien peu enviable de certains d’entre nous.
Pour un militant syndical, c’est l’occasion d’aider les adhérents de la façon la plus palpable en leur apportant l’écoute, le soutien et les informations qui leur permettent de faire face et reprendre pied.

Vous qui avez vécu ces moments si pénibles : n’hésitez pas à faire savoir à vos collègues que votre syndicat vous a aidé, épaulé et renseigné.
Vous qui vivez, peut-être en ce moment, ce genre de situation : nous sommes à votre disposition : ne restez pas seuls dans la détresse !

La lutte contre toute forme d’injustice sociale n’est-elle pas le moteur profond de tout syndicaliste ?

Olivier CLARHAUT


Droit de réponse à Porphyre

13 octobre 2009

La Fédération FO Pharmacie s’étonne de lire que M. JAPHET (UNPF) affirme que « … les préparateurs ne se soient pas impliqués au moment de l’élaboration de la loi HPST. »
Il est important de rappeler que la CPNEFP (où siègent cinq représentants de l’UNPF) a pleinement pris en compte les enjeux de cette loi et :
- s’est prononcée majoritairement en faveur de la suppression du mot « effectif » caractérisant le contrôle du pharmacien sur le préparateur (contrôle que personne ne remet en cause),
- est intervenue auprès de Mme BACHELOT pour amender le projet de loi HPST en ce sens,
- est intervenue auprès de Mme GALLEZ, Députée du Nord, pour présenter un amendement identique.
Nous regrettons vivement que cette requête n’ait pas eu le même succès que les demandes d’amendements présentés par les chambres patronales qui ont vu leur influence opiniâtre couronnée de succès.
Peut-être M. JAPHET a-t-il été mal informé par sa délégation à la CPNEFP ? Pour autant, il est inexact d’affirmer que les représentants des préparateurs ont été inexistants dans cette action.

Olivier CLARHAUT
Membre de la Commission Paritaire Nationale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle de la Pharmacie d’Officine.


Droit de réponse au Moniteur des Pharmacies

22 septembre 2009

Ainsi les Préparateurs en Pharmacie n’auraient d’autre planche de salut que l’Europe pour faire évoluer leur profession, revaloriser leur diplôme et, enfin, obtenir la légitime reconnaissance qu’ils attendent ?

Cette sentence définitive est caractéristique d’une méconnaissance de la branche professionnelle de la Pharmacie d’Officine, de son mode de fonctionnement et de ses instances.

Je m’étonne de lire que « l’ensemble des préparateurs de ville comme hospitaliers étaient représentés par l’ANPPH » au colloque organisé à Lille avec les techniciens européens de la pharmacie! Je ne pense pas que la vocation de cette association soit de représenter les préparateurs officinaux ni de défendre leurs intérêts…

C’est une contre-vérité d’affirmer qu’il n’existe pas de syndicats professionnels représentatifs au plan national, comme l’explique Gilles BAKKAUS, président de l’ANPPH, et qu’il est nécessaire de créer un lobby européen pour faire évoluer la formation et l’exercice professionnel des préparateurs.

Ces combats sont menés notamment par la Fédération Nationale Force Ouvrière de la Pharmacie, organisation syndicale spécifiquement représentative des salariés de la pharmacie, qui agit légitimement dans toutes les instances de la branche avec des militants issus du terrain professionnel.

Olivier CLARHAUT
Secrétaire Général du Syndicat FO Pharmacie Nord-Pas de Calais


Editorial n°242 (3ème trimestre 2009)

1 septembre 2009

Au bouclage de cette édition de notre journal syndical, les vacances ne sont plus qu’un souvenir certes fort agréable mais lointain face à une rentrée qui s’annonce particulièrement difficile à plus d’un titre.

Sur un plan social général, les salariés vont continuer à payer un lourd tribu à cette crise économique majeure qui nous frappe.
Il ne se passe pas une semaine sans que l’on apprenne ici une délocalisation, là une fermeture de sites ou une « charrette » de licenciements. Les statistiques officielles du chômage s’envolent même si elles ne prennent en compte que les « demandeurs d’emploi n’exerçant aucune activité et cherchant activement du travail » (catégorie A) et oublient systématiquement les autres catégories de chômeurs. Or la catégorie A ne représente que 2 535 000 des 4 180 000 inscrits à Pôle emploi, soit 61 % du total. A partir de là, on fait dire ce que l’on veut aux chiffres…

Du côté de nos branches d’activités pharmaceutiques, ce n’est guère brillant. La répartition pharmaceutique (ainsi que l’industrie) connaît à nouveau les plans sociaux et autres restructurations.
Quant à l’officine, une récente enquête menée par une chambre patronale auprès d’un échantillon réduit d’employeurs, semblait affirmer qu’une moitié des titulaires ont déjà taillé dans le vif des effectifs ou pense le faire avant la fin de l’année !

Dans ce contexte, la négociation de branche devient délicate pour ne pas dire grippée. Nous avons vu la négociation de salaires pour 2009 tourner court : circulez, il n’y a rien à voir…
Les salariés de l’Officine qui auront la chance de garder leur emploi en 2009 garderont aussi le même salaire qu’en 2008 !
On ne peut s’empêcher de souhaiter qu’enfin les salariés prennent massivement conscience de la nécessité d’instaurer un vrai dialogue social qui ne peut exister sans une certaine forme de rapport de force, simplement par une représentativité plus massive.
Tant que les salariés de l’Officine se contenterons trop souvent d’ignorer les mécanismes de la branche, les perspectives resteront bien sombres.
Nous n’avons, en effet, d’autre alternative que de nous placer en position de force face à des organisations patronales qui durcissent leurs positions. La délégation FO qui siège dans la commission paritaire perçoit cette tentation patronale de refuser d’accorder tout ce qui peut représenter une charge ou une contrainte supplémentaire pour les titulaires.
De plus, nous distinguons en filigrane une réticence à signer des accords qui pourraient être favorables aux salariés en raison d’une hémorragie présumée d’adhérents du côté des organisations patronales…

Vous comprendrez que tout ceci rend le climat lourd et très inquiétant car c’est toute la politique conventionnelle dans la branche qui est menacée.
Si la négociation collective devait continuer à être malmenée de cette façon, nous assisterions au retour d’une époque quasi féodale où le salarié en serait réduit à subir l’arbitraire d’un « patron de droit divin ».
En effet, seule la négociation conventionnelle permet d’établir les garanties collectives que nous connaissons bien et qui, seules, protègent les salariés.
Il s’agit d’une dérive que nous ne pourrions accepter mais qui s’avère néanmoins inquiétante.

Malgré ces inquiétudes multiples, chacun de nos adhérents sait pouvoir compter sur l’aide et la volonté indéfectible des militants FO Pharmacie de défendre leurs intérêts.

Nous vous souhaitons bon courage pour cette reprise…

Olivier CLARHAUT
Secrétaire Général


Salaires en Officine

29 juillet 2009

Le Syndicat Force Ouvrière des Salariés de la Pharmacie
du Nord et du Pas de Calais

a l’immense douleur de vous faire part du décès de notre espoir d’obtenir une augmentation de salaires pour l’année 2009 en Pharmacie d’Officine

survenu brutalement dans la journée du 2 juillet 2009, lors d’une commission paritaire particulièrement douloureuse où les représentants des employeurs ont préféré faire porter le poids de la crise à leurs salariés.

Il propose aux salariés de se rassembler de manière  massive aux côtés de ses militants pour peser plus efficacement dans les négociations.

Ni fleurs, ni couronnes.


Editorial n°241 (2ème trimestre 2009)

5 juillet 2009

Décider d’agir pour ne pas subir !

Le coeur de l’action syndicale que nous pratiquons est constitué de deux pôles complémentaires et indissociables : informer et épauler nos adhérents, d’une part ; négocier et conclure des accords collectifs, d’autre part.

Il est évident que ces missions reviennent pleinement aux militants qui font le choix volontaire de s’investir dans ces tâches lourdes mais ô combien passionnantes.
Pour autant, il nous semble non seulement réducteur mais aussi dangereux de se limiter à cette répartition basique des rôles.
En effet, laisser porter l’intégralité du poids de la responsabilité sur les épaules des seuls militants, quel que soit leur niveau d’implication, n’est ni sain ni intellectuellement satisfaisant.
Tout d’abord, d’éventuels phénomènes d’usure ou des problèmes de santé imprévisibles rendent indispensable un certain degré de partage des tâches. De plus, un travail collaboratif donne une vision globale et une approche multiple des dossiers à étudier.
Mais surtout, chacun doit être convaincu que l’action collective est œuvre… collective !

Adhérer au syndicat, c’est déjà nous aider considérablement mais n’hésitez pas à nous faire part de vos idées ! S’exonérer de tout effort de réflexion ou de participation, reviendrait, d’une certaine manière, à priver l’organisation d’une partie importante de ses forces vives : ses propres adhérents !

Soyez convaincus que chacun d’entre nous, chacun d’entre vous a entre ses mains un véritable pouvoir : celui de décider d’agir.
Décider d’oeuvrer pour une cause collective : agir pour nous aider à vous aider, à faire respecter vos droits et votre dignité souvent mise à mal dans le cadre professionnel.
Comment ? Simplement, d’abord, en adhérant à notre organisation syndicale puis en la faisant connaître autour de vous.
Pourquoi pas, en nous aidant à améliorer notre journal et nos circulaires en nous donnant votre avis ?
Peut-être, un jour, en venant nous donner un peu d’aide pour que nous soyons encore plus efficaces…
Chacun, à son rythme ou a son niveau, peut rendre service de mille manières différentes.
Les militants qui œuvrent inlassablement, souvent dans l’adversité mais toujours opiniâtrement dans l’intérêt de l’ensemble des salariés de leur entreprise ou de leur branche, apprécient eux aussi, de temps en temps, d’être épaulés et soutenus.

Enfin, agir est le seul remède au remords toujours trop tardif d’avoir laissé faire !
Avoir laissé nos gouvernants nous convaincre insidieusement qu’il faut sacrifier nos droits parce que l’exercice de l’esprit critique est plus compliqué…
Avoir laissé votre employeur piétiner votre dignité au travail parce que se faire respecter est parfois un chemin pénible…
Avoir laissé nos garanties collectives être détricotées parce que comprendre les ressorts techniques est ardu…
Avoir laissé tomber votre capacité à penser par vous-mêmes pour rester maître de votre sort parce que c’est plus simple de se dire que d’autres s’en occupent pour vous !

Si l’on ne veut pas affronter ces remords, servons-nous ensemble de ce pouvoir de décider d’agir qui est entre nos mains : personne ne pourra nous l’enlever !

Olivier CLARHAUT


Editorial n°240 (1er trimestre 2009)

1 mars 2009

La crise… du libre-arbitre ?

Si la fin de l’année 2008 a été marquée par la crise financière majeure que l’on sait, le premier trimestre 2009 se caractérise par un glissement prévisible vers une crise économique et sociale.
A l’heure où ces lignes sont écrites, les salariés (du privé et du public), les chômeurs et les retraités ont exprimé, par deux reprises, non pas leur angoisse face à la crise mais bel et bien une colère face à un sentiment d’injustice sociale.
Ces 29 janvier et 19 mars ont vu une mobilisation massive et incontestable s’opposer non seulement à une politique économique et sociale ultra-libérale, mais, plus encore, à une conception délétère de notre société.
En résumé : une société où la seule loi qui a les faveurs des puissants serait celle de la jungle. Hélas pas celle de Kipling où, finalement, avec ruse et solidarité, le faible peut espérer survivre.
Non, la vraie jungle : celle où le faible est toujours du mauvais côté de la chaîne alimentaire !
Dans cette période difficile pour de nombreux salariés, où les plans dits de «sauvegarde de l’emploi» succèdent régulièrement aux restructurations diverses, la manière dont est présentée l’information en général prend une importance toute particulière.

Nous ne reviendrons pas sur les collusions entre certains représentants du pouvoir politique et les hautes sphères économico-industrielles et surtout médiatiques. Il est des mélanges des genres qui font peu de cas des valeurs fondamentales de la République mais c’est un débat qui dépasse largement notre contexte syndical.
Par contre, l’auditeur régulier de certaines radios généralistes aura observé, depuis quelque temps, une tendance étrange autant qu’insidieuse.
Plutôt que d’ouvrir les ondes aux experts du domaine concerné, dans un but pédagogique, on interroge le quidam.
Monsieur et Madame Toutlemonde donnent allègrement leur avis, parfois avec bon sens, très souvent avec une profondeur de vue des plus sommaires…

Ainsi, les poncifs les plus éculés, les clichés les plus primaires nous sont martelés jusqu’à devenir une pensée dominante !

Citons, en vrac :
- le Français est assisté,
- le fonctionnaire est privilégié,
- le chômeur est paresseux,
- le congé maternité est trop long,
- sécurité sociale et assurance chômage sont un luxe d’un autre temps : que chacun se prenne en charge,
- le dimanche est fait pour travailler,
- le coût du travail est trop élevé en France,
- les manifestants feraient mieux d’aller travailler plutôt que d’organiser le désordre,
- les syndicalistes sont des preneurs d’otages ringards et obsolètes…
Est-il réellement nécessaire d’affirmer que ces lieux communs nauséabonds sont inacceptables ?

On perçoit bien les dangers d’une telle démagogie : non seulement «Radio Bistro» devient le modèle de pensée (si l’on ose dire !) dominant mais, surtout, ces «faiseurs d’opinion» avancent masqués !
Qui saura reconnaître le militant du parti majoritaire, la nièce du chef de cabinet d’un ministre ou le cousin d’un délégué du MEDEF ?
Dans tous les cas, par le choix même de ces intervenants anonymes, on peut orienter l’opinion d’une manière partiale.
Nous ne verserons pas dans une ridicule théorie du complot et ne parlerons ni de manipulation ni de conditionnement mais sommes-nous prêts à absorber ce «prêt à penser» qui nous est servi jusqu’à la nausée ?

Les occasions de donner à réfléchir ne sont jamais superflues : le libre-arbitre et l’esprit critique ne sont pas solubles dans la crise !

Olivier CLARHAUT


Editorial n°239 (4ème trimestre 2008)

28 décembre 2008

Touche pas à mon Dimanche !

Nous avions déjà consacré un éditorial à la question du repos dominical (PS n° 235) mais l’actualité récente nous incite à rappeler notre indéfectible opposition au travail du dimanche.

Récemment, Luc Chatel, secrétaire d’Etat chargé de la Consommation, et Xavier Bertrand, ministre du Travail, se sont rendus un dimanche dans un centre commercial de la banlieue parisienne pour faire l’apologie du travail dominical. Remarquons que, dans cette zone, plusieurs commerçants sont toujours sous le coup de procédures judiciaires pour ce même motif. On a rarement l’occasion de voir deux ministres de la République aller défendre la cause de délinquants : décidément, réforme et modernisation ont de curieuses formes d’expression !
On voudrait nous convaincre qu’il faut en finir avec ces réglementations d’une autre époque, ces blocages insupportables à la libre entreprise et ce frein à la modernité qu’est le Code du Travail. Nous devrions comprendre, pour échapper à notre sort d’intégristes rétrogrades, qu’il faut moderniser, réformer, déréguler, libéraliser… et fouler aux pieds le résultat de cent ans de luttes sociales. Germinal… le retour !

Pourquoi empêcher les salariés de travailler le dimanche ? Pourquoi ne pas leur accorder cette liberté ?
Tout d’abord, convenons que la liberté n’existe pas dans le milieu du travail. Qui peut croire qu’un salarié est parfaitement libre de refuser ce que lui demande son employeur ? Dans le monde réel qui est le nôtre, nous savons tous qu’un salarié qui refuserait de travailler le dimanche serait « marqué au rouge » avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer !

Autre manipulation intellectuelle : le dimanche est « payé double », voilà qui est intéressant pour le salarié qui regarde, effaré, son pouvoir d’achat subir le sort de la banquise en plein arctique. Effectivement, l’aspect dérogatoire et exceptionnel du travail dominical entraîne souvent (mais pas toujours) une majoration de la rémunération.

Problème : une fois le travail dominical devenu normal, combien de temps donnez-vous au gouvernement pour qu’il nous déclare que cette paye double du dimanche n’est qu’un privilège poussiéreux qu’il est indispensable de sacrifier sur l’autel de la modernité et de la réforme ? Plus de caractère exceptionnel, plus de majoration ! Limpide, non ?
Au-delà de ces aspects, c’est toute la vie de famille qui est perturbée. Avec les écoles fermées le samedi et le dimanche au boulot, que fait-on de ses enfants ? On trouve une nounou et on la paye double aussi ? Si le bilan humain est désastreux, le résultat économique de l’opération ne sera guère meilleur…

Jusqu’à quand allons-nous laisser nos gouvernants nous prendre pour des insuffisants du cortex ?

Comment réagir, me direz-vous ?
Face à une fuite d’eau, deux solutions : la bassine ou le robinet du compteur. Si l’on penche pour la deuxième solution, la méthode est simple : supprimons la cause, cette dérive qui consiste à penser que les salariés ont envie de venir dans les commerces le dimanche.
Bon sang mais c’est bien sûr !! Et si l’on arrêtait d’aller dans les magasins le dimanche ? D’une part, nous rendrions inutile cette démolition du droit du travail ; d’autre part, ça nous éviterait de demander à ces salariés d’accepter ce que nous refuserions pour nous-mêmes !!!
Car c’est aussi de cela qu’il s’agit : de quel droit demander à d’autres ce que l’on ne supporterait pas soi-même ?
Une fois encore, sans vouloir verser dans la moralisation stérile, un peu de solidarité ne nuit pas !

Olivier CLARHAUT