Droit de réponse à Porphyre

13 octobre 2009

La Fédération FO Pharmacie s’étonne de lire que M. JAPHET (UNPF) affirme que “… les préparateurs ne se soient pas impliqués au moment de l’élaboration de la loi HPST.”
Il est important de rappeler que la CPNEFP (où siègent cinq représentants de l’UNPF) a pleinement pris en compte les enjeux de cette loi et :
- s’est prononcée majoritairement en faveur de la suppression du mot “effectif” caractérisant le contrôle du pharmacien sur le préparateur (contrôle que personne ne remet en cause),
- est intervenue auprès de Mme BACHELOT pour amender le projet de loi HPST en ce sens,
- est intervenue auprès de Mme GALLEZ, Députée du Nord, pour présenter un amendement identique.
Nous regrettons vivement que cette requête n’ait pas eu le même succès que les demandes d’amendements présentés par les chambres patronales qui ont vu leur influence opiniâtre couronnée de succès.
Peut-être M. JAPHET a-t-il été mal informé par sa délégation à la CPNEFP ? Pour autant, il est inexact d’affirmer que les représentants des préparateurs ont été inexistants dans cette action.

Olivier CLARHAUT
Membre de la Commission Paritaire Nationale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle de la Pharmacie d’Officine.


Droit de réponse au Moniteur des Pharmacies

22 septembre 2009

Ainsi les Préparateurs en Pharmacie n’auraient d’autre planche de salut que l’Europe pour faire évoluer leur profession, revaloriser leur diplôme et, enfin, obtenir la légitime reconnaissance qu’ils attendent ?

Cette sentence définitive est caractéristique d’une méconnaissance de la branche professionnelle de la Pharmacie d’Officine, de son mode de fonctionnement et de ses instances.

Je m’étonne de lire que “l’ensemble des préparateurs de ville comme hospitaliers étaient représentés par l’ANPPH” au colloque organisé à Lille avec les techniciens européens de la pharmacie! Je ne pense pas que la vocation de cette association soit de représenter les préparateurs officinaux ni de défendre leurs intérêts…

C’est une contre-vérité d’affirmer qu’il n’existe pas de syndicats professionnels représentatifs au plan national, comme l’explique Gilles BAKKAUS, président de l’ANPPH, et qu’il est nécessaire de créer un lobby européen pour faire évoluer la formation et l’exercice professionnel des préparateurs.

Ces combats sont menés notamment par la Fédération Nationale Force Ouvrière de la Pharmacie, organisation syndicale spécifiquement représentative des salariés de la pharmacie, qui agit légitimement dans toutes les instances de la branche avec des militants issus du terrain professionnel.

Olivier CLARHAUT
Secrétaire Général du Syndicat FO Pharmacie Nord-Pas de Calais


Editorial n°242 (3ème trimestre 2009)

1 septembre 2009

Au bouclage de cette édition de notre journal syndical, les vacances ne sont plus qu’un souvenir certes fort agréable mais lointain face à une rentrée qui s’annonce particulièrement difficile à plus d’un titre.

Sur un plan social général, les salariés vont continuer à payer un lourd tribu à cette crise économique majeure qui nous frappe.
Il ne se passe pas une semaine sans que l’on apprenne ici une délocalisation, là une fermeture de sites ou une « charrette » de licenciements. Les statistiques officielles du chômage s’envolent même si elles ne prennent en compte que les « demandeurs d’emploi n’exerçant aucune activité et cherchant activement du travail » (catégorie A) et oublient systématiquement les autres catégories de chômeurs. Or la catégorie A ne représente que 2 535 000 des 4 180 000 inscrits à Pôle emploi, soit 61 % du total. A partir de là, on fait dire ce que l’on veut aux chiffres…

Du côté de nos branches d’activités pharmaceutiques, ce n’est guère brillant. La répartition pharmaceutique (ainsi que l’industrie) connaît à nouveau les plans sociaux et autres restructurations.
Quant à l’officine, une récente enquête menée par une chambre patronale auprès d’un échantillon réduit d’employeurs, semblait affirmer qu’une moitié des titulaires ont déjà taillé dans le vif des effectifs ou pense le faire avant la fin de l’année !

Dans ce contexte, la négociation de branche devient délicate pour ne pas dire grippée. Nous avons vu la négociation de salaires pour 2009 tourner court : circulez, il n’y a rien à voir…
Les salariés de l’Officine qui auront la chance de garder leur emploi en 2009 garderont aussi le même salaire qu’en 2008 !
On ne peut s’empêcher de souhaiter qu’enfin les salariés prennent massivement conscience de la nécessité d’instaurer un vrai dialogue social qui ne peut exister sans une certaine forme de rapport de force, simplement par une représentativité plus massive.
Tant que les salariés de l’Officine se contenterons trop souvent d’ignorer les mécanismes de la branche, les perspectives resteront bien sombres.
Nous n’avons, en effet, d’autre alternative que de nous placer en position de force face à des organisations patronales qui durcissent leurs positions. La délégation FO qui siège dans la commission paritaire perçoit cette tentation patronale de refuser d’accorder tout ce qui peut représenter une charge ou une contrainte supplémentaire pour les titulaires.
De plus, nous distinguons en filigrane une réticence à signer des accords qui pourraient être favorables aux salariés en raison d’une hémorragie présumée d’adhérents du côté des organisations patronales…

Vous comprendrez que tout ceci rend le climat lourd et très inquiétant car c’est toute la politique conventionnelle dans la branche qui est menacée.
Si la négociation collective devait continuer à être malmenée de cette façon, nous assisterions au retour d’une époque quasi féodale où le salarié en serait réduit à subir l’arbitraire d’un « patron de droit divin ».
En effet, seule la négociation conventionnelle permet d’établir les garanties collectives que nous connaissons bien et qui, seules, protègent les salariés.
Il s’agit d’une dérive que nous ne pourrions accepter mais qui s’avère néanmoins inquiétante.

Malgré ces inquiétudes multiples, chacun de nos adhérents sait pouvoir compter sur l’aide et la volonté indéfectible des militants FO Pharmacie de défendre leurs intérêts.

Nous vous souhaitons bon courage pour cette reprise…

Olivier CLARHAUT
Secrétaire Général


Salaires en Officine

29 juillet 2009

Le Syndicat Force Ouvrière des Salariés de la Pharmacie
du Nord et du Pas de Calais

a l’immense douleur de vous faire part du décès de notre espoir d’obtenir une augmentation de salaires pour l’année 2009 en Pharmacie d’Officine

survenu brutalement dans la journée du 2 juillet 2009, lors d’une commission paritaire particulièrement douloureuse où les représentants des employeurs ont préféré faire porter le poids de la crise à leurs salariés.

Il propose aux salariés de se rassembler de manière  massive aux côtés de ses militants pour peser plus efficacement dans les négociations.

Ni fleurs, ni couronnes.


Editorial n°241 (2ème trimestre 2009)

5 juillet 2009

Décider d’agir pour ne pas subir !

Le coeur de l’action syndicale que nous pratiquons est constitué de deux pôles complémentaires et indissociables : informer et épauler nos adhérents, d’une part ; négocier et conclure des accords collectifs, d’autre part.

Il est évident que ces missions reviennent pleinement aux militants qui font le choix volontaire de s’investir dans ces tâches lourdes mais ô combien passionnantes.
Pour autant, il nous semble non seulement réducteur mais aussi dangereux de se limiter à cette répartition basique des rôles.
En effet, laisser porter l’intégralité du poids de la responsabilité sur les épaules des seuls militants, quel que soit leur niveau d’implication, n’est ni sain ni intellectuellement satisfaisant.
Tout d’abord, d’éventuels phénomènes d’usure ou des problèmes de santé imprévisibles rendent indispensable un certain degré de partage des tâches. De plus, un travail collaboratif donne une vision globale et une approche multiple des dossiers à étudier.
Mais surtout, chacun doit être convaincu que l’action collective est œuvre… collective !

Adhérer au syndicat, c’est déjà nous aider considérablement mais n’hésitez pas à nous faire part de vos idées ! S’exonérer de tout effort de réflexion ou de participation, reviendrait, d’une certaine manière, à priver l’organisation d’une partie importante de ses forces vives : ses propres adhérents !

Soyez convaincus que chacun d’entre nous, chacun d’entre vous a entre ses mains un véritable pouvoir : celui de décider d’agir.
Décider d’oeuvrer pour une cause collective : agir pour nous aider à vous aider, à faire respecter vos droits et votre dignité souvent mise à mal dans le cadre professionnel.
Comment ? Simplement, d’abord, en adhérant à notre organisation syndicale puis en la faisant connaître autour de vous.
Pourquoi pas, en nous aidant à améliorer notre journal et nos circulaires en nous donnant votre avis ?
Peut-être, un jour, en venant nous donner un peu d’aide pour que nous soyons encore plus efficaces…
Chacun, à son rythme ou a son niveau, peut rendre service de mille manières différentes.
Les militants qui œuvrent inlassablement, souvent dans l’adversité mais toujours opiniâtrement dans l’intérêt de l’ensemble des salariés de leur entreprise ou de leur branche, apprécient eux aussi, de temps en temps, d’être épaulés et soutenus.

Enfin, agir est le seul remède au remords toujours trop tardif d’avoir laissé faire !
Avoir laissé nos gouvernants nous convaincre insidieusement qu’il faut sacrifier nos droits parce que l’exercice de l’esprit critique est plus compliqué…
Avoir laissé votre employeur piétiner votre dignité au travail parce que se faire respecter est parfois un chemin pénible…
Avoir laissé nos garanties collectives être détricotées parce que comprendre les ressorts techniques est ardu…
Avoir laissé tomber votre capacité à penser par vous-mêmes pour rester maître de votre sort parce que c’est plus simple de se dire que d’autres s’en occupent pour vous !

Si l’on ne veut pas affronter ces remords, servons-nous ensemble de ce pouvoir de décider d’agir qui est entre nos mains : personne ne pourra nous l’enlever !

Olivier CLARHAUT


Editorial n°240 (1er trimestre 2009)

1 mars 2009

La crise… du libre-arbitre ?

Si la fin de l’année 2008 a été marquée par la crise financière majeure que l’on sait, le premier trimestre 2009 se caractérise par un glissement prévisible vers une crise économique et sociale.
A l’heure où ces lignes sont écrites, les salariés (du privé et du public), les chômeurs et les retraités ont exprimé, par deux reprises, non pas leur angoisse face à la crise mais bel et bien une colère face à un sentiment d’injustice sociale.
Ces 29 janvier et 19 mars ont vu une mobilisation massive et incontestable s’opposer non seulement à une politique économique et sociale ultra-libérale, mais, plus encore, à une conception délétère de notre société.
En résumé : une société où la seule loi qui a les faveurs des puissants serait celle de la jungle. Hélas pas celle de Kipling où, finalement, avec ruse et solidarité, le faible peut espérer survivre.
Non, la vraie jungle : celle où le faible est toujours du mauvais côté de la chaîne alimentaire !
Dans cette période difficile pour de nombreux salariés, où les plans dits de «sauvegarde de l’emploi» succèdent régulièrement aux restructurations diverses, la manière dont est présentée l’information en général prend une importance toute particulière.

Nous ne reviendrons pas sur les collusions entre certains représentants du pouvoir politique et les hautes sphères économico-industrielles et surtout médiatiques. Il est des mélanges des genres qui font peu de cas des valeurs fondamentales de la République mais c’est un débat qui dépasse largement notre contexte syndical.
Par contre, l’auditeur régulier de certaines radios généralistes aura observé, depuis quelque temps, une tendance étrange autant qu’insidieuse.
Plutôt que d’ouvrir les ondes aux experts du domaine concerné, dans un but pédagogique, on interroge le quidam.
Monsieur et Madame Toutlemonde donnent allègrement leur avis, parfois avec bon sens, très souvent avec une profondeur de vue des plus sommaires…

Ainsi, les poncifs les plus éculés, les clichés les plus primaires nous sont martelés jusqu’à devenir une pensée dominante !

Citons, en vrac :
- le Français est assisté,
- le fonctionnaire est privilégié,
- le chômeur est paresseux,
- le congé maternité est trop long,
- sécurité sociale et assurance chômage sont un luxe d’un autre temps : que chacun se prenne en charge,
- le dimanche est fait pour travailler,
- le coût du travail est trop élevé en France,
- les manifestants feraient mieux d’aller travailler plutôt que d’organiser le désordre,
- les syndicalistes sont des preneurs d’otages ringards et obsolètes…
Est-il réellement nécessaire d’affirmer que ces lieux communs nauséabonds sont inacceptables ?

On perçoit bien les dangers d’une telle démagogie : non seulement «Radio Bistro» devient le modèle de pensée (si l’on ose dire !) dominant mais, surtout, ces «faiseurs d’opinion» avancent masqués !
Qui saura reconnaître le militant du parti majoritaire, la nièce du chef de cabinet d’un ministre ou le cousin d’un délégué du MEDEF ?
Dans tous les cas, par le choix même de ces intervenants anonymes, on peut orienter l’opinion d’une manière partiale.
Nous ne verserons pas dans une ridicule théorie du complot et ne parlerons ni de manipulation ni de conditionnement mais sommes-nous prêts à absorber ce «prêt à penser» qui nous est servi jusqu’à la nausée ?

Les occasions de donner à réfléchir ne sont jamais superflues : le libre-arbitre et l’esprit critique ne sont pas solubles dans la crise !

Olivier CLARHAUT


Editorial n°239 (4ème trimestre 2008)

28 décembre 2008

Touche pas à mon Dimanche !

Nous avions déjà consacré un éditorial à la question du repos dominical (PS n° 235) mais l’actualité récente nous incite à rappeler notre indéfectible opposition au travail du dimanche.

Récemment, Luc Chatel, secrétaire d’Etat chargé de la Consommation, et Xavier Bertrand, ministre du Travail, se sont rendus un dimanche dans un centre commercial de la banlieue parisienne pour faire l’apologie du travail dominical. Remarquons que, dans cette zone, plusieurs commerçants sont toujours sous le coup de procédures judiciaires pour ce même motif. On a rarement l’occasion de voir deux ministres de la République aller défendre la cause de délinquants : décidément, réforme et modernisation ont de curieuses formes d’expression !
On voudrait nous convaincre qu’il faut en finir avec ces réglementations d’une autre époque, ces blocages insupportables à la libre entreprise et ce frein à la modernité qu’est le Code du Travail. Nous devrions comprendre, pour échapper à notre sort d’intégristes rétrogrades, qu’il faut moderniser, réformer, déréguler, libéraliser… et fouler aux pieds le résultat de cent ans de luttes sociales. Germinal… le retour !

Pourquoi empêcher les salariés de travailler le dimanche ? Pourquoi ne pas leur accorder cette liberté ?
Tout d’abord, convenons que la liberté n’existe pas dans le milieu du travail. Qui peut croire qu’un salarié est parfaitement libre de refuser ce que lui demande son employeur ? Dans le monde réel qui est le nôtre, nous savons tous qu’un salarié qui refuserait de travailler le dimanche serait « marqué au rouge » avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer !

Autre manipulation intellectuelle : le dimanche est « payé double », voilà qui est intéressant pour le salarié qui regarde, effaré, son pouvoir d’achat subir le sort de la banquise en plein arctique. Effectivement, l’aspect dérogatoire et exceptionnel du travail dominical entraîne souvent (mais pas toujours) une majoration de la rémunération.

Problème : une fois le travail dominical devenu normal, combien de temps donnez-vous au gouvernement pour qu’il nous déclare que cette paye double du dimanche n’est qu’un privilège poussiéreux qu’il est indispensable de sacrifier sur l’autel de la modernité et de la réforme ? Plus de caractère exceptionnel, plus de majoration ! Limpide, non ?
Au-delà de ces aspects, c’est toute la vie de famille qui est perturbée. Avec les écoles fermées le samedi et le dimanche au boulot, que fait-on de ses enfants ? On trouve une nounou et on la paye double aussi ? Si le bilan humain est désastreux, le résultat économique de l’opération ne sera guère meilleur…

Jusqu’à quand allons-nous laisser nos gouvernants nous prendre pour des insuffisants du cortex ?

Comment réagir, me direz-vous ?
Face à une fuite d’eau, deux solutions : la bassine ou le robinet du compteur. Si l’on penche pour la deuxième solution, la méthode est simple : supprimons la cause, cette dérive qui consiste à penser que les salariés ont envie de venir dans les commerces le dimanche.
Bon sang mais c’est bien sûr !! Et si l’on arrêtait d’aller dans les magasins le dimanche ? D’une part, nous rendrions inutile cette démolition du droit du travail ; d’autre part, ça nous éviterait de demander à ces salariés d’accepter ce que nous refuserions pour nous-mêmes !!!
Car c’est aussi de cela qu’il s’agit : de quel droit demander à d’autres ce que l’on ne supporterait pas soi-même ?
Une fois encore, sans vouloir verser dans la moralisation stérile, un peu de solidarité ne nuit pas !

Olivier CLARHAUT


Editorial n°238 (3ème trimestre 2008)

30 septembre 2008

Lorsque vous aurez ce journal entre les mains, les vacances d’été ne seront plus qu’un souvenir pour bon nombre d’entre vous et trois mois se seront écoulés depuis la tenue de notre Assemblée Générale 2008.
Bien évidemment, le délai nécessaire à la publication du « Préparateur Syndiqué » ne nous a pas permis d’en rendre compte dans le numéro précédent, paru fin juin. C’est pourquoi nous y consacrons l’essentiel de cette édition.
Pour autant, l’actualité n’est pas en repos et nous vous invitons à consulter régulièrement notre site web www.fopharma5962.org pour vous tenir au courant des dernières nouvelles, en complément de ce journal trimestriel.
L’Assemblée Générale 2008 nous a permis de faire le point sur l’action du syndicat durant l’année écoulée et de décrire l’actualité de nos branches professionnelles ce qui est toujours d’un grand intérêt pour les salariés et les militants.
A cet égard, nous tenons à signaler aux quelques personnes qui n’étaient pas présentes à cette soirée que la participation à l’Assemblée Générale statutaire est une obligation morale indissociable de l’adhésion.
Vous lirez dans les pages suivantes le déroulement de cet évènement et le résultat des élections du conseil et du bureau.
Je tiens à témoigner ici, au nom du syndicat et en mon nom personnel, toute la reconnaissance due à notre ami Michel MASSON, militant depuis plus de trente ans au sein de notre organisation et responsable, depuis 1989, de ce journal. Michel souhaite prendre du recul par rapport à ses responsabilités syndicales importantes et c’est fort légitime même si cette nouvelle s’accompagne d’une certaine nostalgie.
Sans réitérer ici mon intervention, il faut néanmoins affirmer que ce journal, auquel nous sommes très attachés, doit énormément à Michel et nous tenons à le remercier chaleureusement pour toutes ces années de dévouement au cours desquelles cet outil a constamment progressé tant sur la forme que sur le contenu. La qualité de cette publication est appréciée par nos adhérents et également, au-delà de notre région, par les militants de la Fédération de la Pharmacie.
Cette rentrée 2008 sera une période difficile dans chacune de nos branches et au niveau interprofessionnel.
Ce doit être l’occasion de démontrer, une fois de plus, notre motivation et notre investissement militant dans nos entreprises et nos branches dans l’intérêt des salariés qui nous font confiance.
Négocier mais aussi informer, expliquer et convaincre de nous rejoindre sont nos priorités.

Olivier CLARHAUT


Conclusion de la lettre ouverte à Porphyre

10 juillet 2008

Chère Madame Manicot,

Vous avez remarqué que les convictions militantes qui m’animent ont une expression passionnée. Si je ne renie aucune des remarques que je vous ai adressées, elles ne constituent pour autant ni une attaque personnelle ni une volonté d’instaurer une polémique, d’ailleurs aussi stériles l’une que l’autre.

Pour conclure sur cette question, quelques clarifications s’imposent car il est indéniable que la culture paritaire de la branche est souvent mal partagée, que ce soit par la presse professionnelle ou par les salariés et nous en sommes nous-mêmes probablement en partie responsables.

Quant à la pétition Aspharcom / Pharméchange : je réitère l’appréciation que j’ai exprimée dès sa diffusion en janvier dernier : Si l’intention peut paraître louable, non seulement elle est hors du champ de compétence associatif mais surtout cette initiative risque fort d’être contre-productive car elle pourrait laisser à penser (à tort) aux salariés et aux autorités de tutelle (Ministères de l’Education Nationale et de la Santé) que les partenaires sociaux n’assument pas leurs responsabilités en la matière.
Les personnes qui se sont engagées dans cette pétition n’auraient-elles pas été mieux inspirées de rejoindre un syndicat (FO, de préférence !) et de renforcer ainsi notre action déjà engagée dans la revalorisation du diplôme du Préparateur en Pharmacie ? Il me semble que cela serait bien plus efficace.
La Fédération FO Pharmacie a réagi officiellement, par mon intermédiaire, sur le site Pharmechange.com dès le 2 février 2008, le courrier Aspharcom de juin étant une relance de l’opération lancée en janvier.
Imaginer que les syndicats représentatifs de la branche se joignent à cette pétition, c’est voir le problème à l’envers ! Sachant que l’approche paritaire, donc syndicale, est la seule manière de traiter cette question, il appartient à tous les salariés qui veulent faire avancer ce dossier (notamment) de prendre leurs responsabilités et de rejoindre les syndicats professionnels. Etre syndiqué n’est pas une maladie honteuse, c’est s’assurer d’avoir accès aux informations et permettre aux structures qui gèrent le paritarisme de branche d’être encore plus efficaces.
Concernant Porphyre, mon sentiment est que la place accordée aux organisations syndicales de la branche, en général et à FO en particulier, ne soit pas en phase avec la réalité. Extraire quelques phrases de nos interventions pour les insérer au courrier des lecteurs n’est-il pas un peu réducteur ?

Pour conclure, quel est l’état des lieux de ce dossier ?
La CPNEFP (Commission Nationale Paritaire de l’Emploi et de la Formation Professionnelle) de la Pharmacie d’Officine s’est réunie en sous-commission de travail en janvier (à l’initiative de FO) pour faire le point sur le diplôme du Préparateur en Pharmacie. Une première approche semble faire consensus autour de plusieurs points : pérennité du Préparateur dans l’Officine, obsolescence du BP actuel, nécessité de revaloriser le diplôme et de bâtir un nouveau programme. Un courrier a ensuite été rédigé à Mme Bachelot, Ministre de la Santé.
Rendez-vous est pris fin juillet avec une conseillère de la Ministre et la CPNEFP se réunit prochainement pour définir une stratégie d’action. D’ailleurs, la conférence de presse de la CPNEFP du 30 juin 2008 permettra de mettre en lumière, dans vos colonnes, l’action menée par la branche sur ce dossier.
C’est pour vous l’occasion d’expliquer et de faire œuvre de pédagogie auprès des salariés de l’Officine : vous prendriez toute votre place dans cette démarche qui, j’en suis certain, intéresserait grandement vos lecteurs.
Ceux-ci ne méritent-ils pas d’être mis au courant que FO Pharmacie est à l’origine de nombreuses avancées qui les concernent ? Obligation de formation continue, CQP, classifications et plans de carrière du pharmacien-adjoint et du préparateur, insertion du Préparateur dans les professions ayant accès au DMP, sont, entre autres, le résultat des initiatives prises par notre organisation.

Pour conclure, je me réjouis que nous nous rejoignions sur le thème de la reconnaissance et de la revalorisation de la profession de Préparateur en Pharmacie. Je souhaite que nous puissions ensemble, dans le respect du rôle de chacun, inciter tous les salariés qui y sont sensibles à appréhender globalement tous les paramètres de ce dossier complexe pour mieux le comprendre et, pourquoi pas, participer plus efficacement à son évolution.

Bien cordialement,
Olivier CLARHAUT
Préparateur en Pharmacie,
Secrétaire Général du Syndicat FO Pharmacie Nord-Pas de Calais,


Réponse de Porphyre

10 juillet 2008

Monsieur Clarhaut, je suis étonnée par vos propos (que j’ai publiés sur ce blog) Vous m’accusez de ne pas m’informer, d’ignorer comment fonctionne la branche professionnelle ou de vouloir donner dans le sensationnel. Et pour enfoncer le clou, vous vous interrogez sur la cécité opiniâtre et sélective (voire l’antisyndicalisme primaire) qui frappe Porphyre. Une bonne attaque en règle à laquelle je tiens à vous répondre. Qu’Aspharcom/pharmechange soit une simple association qui n’a pas les pouvoirs d’un syndicat, cela ne l’empêche pas de lancer une pétition si elle le souhaite. En tant que journaliste, il me semble légitime de vouloir en informer les préparateurs. Pourquoi s’insurger contre l’action d’une association ? Vous pourriez considérer les choses autrement et estimer que les 800 signataires de la pétition sont un vivier de préparateurs engagés, citoyens, susceptibles de s’engager aussi dans un syndicat… “A ce jour, les syndicats représentant les préparateurs n’ont pas réagi officiellement au courrier envoyé le 16 juin et n’ont pour l’instant pas relayé l’action de l’Aspharcom”. C’est l’information que j’ai recueillie. Si les syndicats et FO en particulier ont réagi à ce courrier, je suis prête à revenir sur mon propos et à publier les réponses. J’ai trouvé une réaction sur le site de FO mais peut-on parler de réponse ? Ensuite, le commentaire que vous avez écrit sur le site de pharmechange date du 2 février et ne peut donc être considéré comme une réponse au courrier d’Aspharcom qui date de juin. Pourquoi accuser Porphyre d’antisyndicalisme ? Nous donnons la parole régulièrement aux syndicats salariés et employeurs dès que le sujet s’y prête et, vous même, vous vous exprimez régulièrement dans nos colonnes, dans la rubrique « entre nous ». Nous savons bien évidemment que les syndicats, et notamment FO pharmacie, jouent un rôle dans les négociations paritaires. Porphyre est un mensuel qui entend diffuser toute information qui concerne le préparateur en pharmacie. Toutes vos actions en faveur de la revalorisation de son diplôme et de son exercice professionnel intéressent nos lecteurs. Décrivez-nous ces actions, la position de la branche professionnelle que vous voulez présenter fin juillet au ministère de la Santé, communiquez auprès de la rédaction et nous en parlerons. Pour terminer, j’aimerais voir la profession de préparateurs reconnue, défendue, revalorisée. Je plaide pour que les syndicats, les associations et amicales, la presse spécialisée coopèrent en ce sens, même si leurs champs d’action sont différents.

Claire Manicot,
Rédactrice en Chef Porphyre